
Après avoir travaillé au cour des ateliers précédant sur la forme du texte et le signifiant, j'ai proposé ici de se concentrer sur le fond ou plutôt sur le signifié.
Préambule:
Partons de l'hypothèse que l'objet qui inspire l'écriture poétique est par nature inaccessible. L'écrivant tente de s'en approcher plus ou moins habilement et justement: ''L'indicible'', soit ce qui ne peut être dit.
Un signifiant défiant irrémédiablement l'écriture ou la mise en forme de ce qui échappe à la forme.
On peut tenter de comparer ce concept d'indicible à celui de l'innommable, ce qui ne peut être nommé.
Si dire l'indicible est le domaine de la poésie, de la musique, de l'art; l'innommable est celui du sacré.
Car si dire c'est signifier, nommer, c'est appeler, voir invoquer.
Dans certaines traditions religieuses ou ésotériques, dire certains noms (les noms de Dieu ou des dieux, les noms des esprits, celui de la mort) est proscrit.
Ce qui est sacré ne peut se réduire à un mot, nommer c'est trahir ce qui impose le silence.
Ces traditions ont trouvé différentes solutions pour contourner ce problème: multiplication des noms, chiffrage, métaphore...
Si l'indicible nous impose l'impossibilité à signifier; l'innommable, lui, nous y invite...
la consigne:
Première partie
Chacun est invité à écrire une liste de mots évoquant un indicible. Un concept abstrait peut être indicible, mais un objet courant peut aussi posséder cette faculté. Une pomme de terre, un crâne, une feuille blanche sont des objets courants qui peuvent évoquer des émotions, des réminiscences ou des sentiments dits indicibles.
En suite, on choisit un des mots et on tente d'en donner différentes définitions ou évocations, à la façon de notes ou d'un brouillon.
Deuxième partie
Synthétiser, réécrire les notes précédentes, sans jamais nommer le sujet.
Cette fois ci, la contrainte est absolument formel: voir comment peut on traiter d'un sujet sans jamais le nommer, quels sont les recours possibles ?
Comment où l'innommable, l'absence du mot, du nom, peut il prendre forme dans le texte ?
2 commentaires:
Dans la bouche, hors la bouche,
exprimé par les lèvres, la langue;
prononcé...
Au bout de mes doigts,
des traces d'encre dessinées...
Je ne suis pas toi, mais nous.
Tu n'es pas moi, mais que sais tu ?
Tu n'es pas toi mais, nous ?
Crié, Revendiqué, Muet,
Dans la gorge...
Perdu,sur le bout de la langue,
J'ouvre un atlas emplie de lacs,
de rivière et de montagne...
...Mais ne trouve pas...
Ce qui reste à inventer.
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