dimanche 3 mai 2009

Compte rendu de l'ateliers du 16 avril 2009

Épanouie au bord de la route
Cette rose trémière
Broutée par mon cheval
(Bashô)


Le 16 Avril, nous nous sommes réuni avec l'intention de nous lancer dans une recherche d'écriture poétique...
J'ai décidé pour cela de partir sur le principe du Haïku.
Après une courte explication de ce qu'est cette forme poétique, j'ai présenté une série mêlant haïkus classiques et contemporains.
Le haïku est né au 17 ème Siècle au japon, c'est une forme de discipline poétique proche du Tao et de l'art de l'estampe. Il s'agit d'un poème bref, imagé et subjectif, traduisant l'évanescence des choses. Une ''sorte de balafre taillée dans le temps'' selon Roland Barthe.
La forme traditionnelle japonaise s'écrit sous la forme de 17 mores ou idéogrammes écrit verticalement, la forme occidentale s'écrit sous la forme d'un tercet de 5,7 et 5 syllabes.

Exemples:

''Glace nocturne
La cruche qui éclate
Me réveille.''
(Bacho)

''Solitude,
J'écarte mes cinq doigts
Histoire de voir.''
(Hosaï)

'' La porte se referme
Dans un grand bruit
Le temple s'endort ''
(Hosaï)

''Un Chat de Gouttière
Court sur l'avant-toit
La lune d'hivers ''
(Joso)

''Les Fleurs jaunes du petit matin
Pensent
aux ivrognes du Mexique''
(Jack Kerouac )

'' De superbes jeunes filles
Grimpent les matches de la bibliothèque
En short.''
(Jack Kerouac)

'' Encore elle,
Sur les toits et les poubelles
La mouette qui ricane''
(Yves Gerbal)

Le haïku classique fait généralement référence à une saison, il évoque les cycles naturels et décrit un détail, un micro accident en corrélation avec la nature en tant que harmonie universelle. Il exprime parfois une impression de surprise, d'ahurissement, de révélation...

J'ai invité en suite chacun à sortir, à aller et venir, de choisir un lieu et de tenter d'y écrire ses impressions, à la façon des haïkus, mais sans s'embarrasser pour autant de la métrique classique.
L'essentiel étant de noter brièvement une suite d'impressions sous forme poétique.

Après vingt minutes de cet exercice, nous nous sommes rassemblé et une deuxième étape à eu lieu où j'ai proposé de composer un texte long à partir des différentes notes prisent au dehors.

S'en est suivit la lecture, chacun pouvant lire, ou ses court poèmes, ou le texte long, ou les deux successivement.

L'intérêt de la première partie de l'atelier était d'amener les participant dans une démarche d'introspection, voir de contemplation afin d'être disponible à ce qui émerge en lui et d'évacuer ce qu'il aurait pu avoir préalablement l'intention d'écrire.

La deuxième partie devait amener le participant à l'exercice de la réécriture en considérant les notes prisent précédemment comme une matière à travailler et remodeler.


Liens:
Haïku de Provence
Haiku sans frontière
Roland Barthes et le roman du présent par Frédéric Martin-Achard
Roland Barthes, L'EFFRACTION DU SENS

1 commentaire:

Tulipe a dit…

Voilà un exemple de ce qui a émergé lors de cette séance...

Première étape:

La ville gronde,
Quelques voix émergent,
indifférenciées.

Les nuages défilent délayés,
Le soleil s'est retiré,
Ne reste que la brise.

Les passants se pressent de passer,
Chacun à son affaire,
Chaque véhicule est un refuge.

Deuxième étape:

La ville gronde tel un ressac.
Des allées et venues des moteurs émergent quelques voix imprécises.
Tout au dessus les nuages défilent, délayés.
Le soleil s'est retiré, ne reste que la brise...
Une cloche teinte, elle nous rappelle à l'ordre depuis la nuit des temps.
Les passants se pressent de passer, chaque véhicule est un refuge.
Sylvain Mollet